Nouvelles de la Révolution
Libération sans visage
Par Andrew Cohen
Pour mon groupe international d’étudiants et moi-même, le 30 juillet est devenu le jour le plus saint et le plus sacré de l’année car c’est ce jour là, en 2001, qu’a surgi, pour la première fois, la nature miraculeuse et évolutive de l’Eveil au delà de l’individu [lire en anglais ce qui s’est passé le 30 juillet 2001]. Cette année, lorsque nous avons célébré le 30 juillet, j’étais fier de pouvoir dire que cinq années après, non seulement le Soi Authentique, cette vague de conscience sans ego, continue d’évoluer et de s’exprimer à travers notre travail collectif [lire en anglais quelques récits d’étudiants] mais aussi l’aspect le plus significatif de ce développement est l’impressionnant bond en avant effectué par une grande partie de mes étudiantes.
Alors qu’en fin de compte, le saut qui doit être fait dans un enseignement d’éveil pour aller au-delà de l’ego est le même pour les hommes et pour les femmes, il semble que la manière d’appréhender ce saut doive tenir compte des différences très réelles entre les structures biologiques et culturelles des deux sexes. Durant les deux dernières décennies de mon enseignement, j’ai eu l’opportunité d’observer de près des centaines d’hommes et de femmes et les façons différentes qu’ils ont de répondre à l’appel de la libération et au défi de l’évolution au-delà de l’ego.
J’ai découvert il y a longtemps que l’ego s’accapare notre identité sexuelle de la même manière qu’il s’identifie à n’importe quel aspect de nous-même afin d’être capable de voir son propre reflet. J’ai remarqué qu’une identification excessive ou pleine d’amour-propre avec notre orientation sexuelle, masculine ou féminine, a pour résultat une expression artificielle et exagérée de l’identité sexuelle dans la personnalité. Si l’éveil est « l’état naturel » alors la question essentielle devient : Quelle est l’expression, naturelle et dénuée d’amour-propre, de l’identité sexuelle ? A quoi notre monde ressemblerait, si en tant qu’homme ou en tant que femme, nous ne refusions pas notre appartenance sexuelle, ni les différences réelles qui y sont rattachées, sans pour autant nous identifier outre mesure avec le fait arbitraire d’être né dans un corps d’homme ou de femme ? En d’autres termes, quel pourrait être l’expression naturelle, dénuée d’amour-propre et sans ego de notre orientation sexuelle ? Ce potentiel, que j’ai appelé « libération sans visage », m’a intrigué pendant de nombreuses années.
Je m’efforce de donner naissance à rien de moins qu’une nouvelle culture de l’éveil, un contexte ou un champ de conscience au-delà de l’ego, intersubjectif et partagé, dans lequel l’identité ou l’orientation sexuelle, commencerait à se libérer, peut-être pour la première fois, des fausses notions de soi. Une bonne part de mon enseignement a consisté à découvrir à quoi cela pourrait bien ressembler, autant pour les hommes que pour les femmes [lire en anglais].
En ce qui concerne les femmes, une composante essentielle pour la création de cette nouvelle culture serait de se libérer de cette croyance fondamentale et profondément ancrée que la plénitude, l’unité, la complétude, la protection et la sécurité, doivent être trouvées dans la relation avec les hommes. Ces douze dernières années, j’ai essayé d’inspirer et d’appeler les femmes à s’intéresser à une véritable liberté - en adoptant une autonomie radicale qui les libérerait d’une recherche acharnée et compulsive de protection et de sécurité dans les rôles traditionnels de mère, de maîtresse, d’épouse ou de grand cœur dévoué aux autres. La vérité libératrice de la non dualité, à savoir qu’il n’y a pas d’autre, doit être adoptée à la fois par les hommes et par les femmes afin d’établir les fondations d’une véritable culture éveillée au-delà de l’ego. L’évolution de la culture est l’évolution du contexte intersubjectif de nos relations humaines. Donc, une culture éveillée serait une culture dans laquelle les bases ou le contexte même de nos relations ne seraient rien que moins que la vérité libératrice qu’il n’y a littéralement pas d’autre. L’accès à cette vérité, pour les femmes, réside en leur capacité à adopter un niveau d’autonomie radical qui, par sa nature même, amorce une aspiration passionnée à la liberté au-delà du fait d’être en relation. C’est ainsi que dernièrement, cette passion s’est répandue comme un feu de forêt. Cela m’a demandé un effort inflexible et sans relâche pour instiller un tel changement dans la nature fondamentale des femmes. Une impulsion véritablement révolutionnaire est un phénomène rare. La plupart d’entre nous, homme ou femme, sommes trop prêts à nous compromettre et nous adapter plutôt que de nous efforcer de créer une vie passionnante et véritablement pleine de sens. Et bien que cela fasse rarement partie de la nature féminine ou du rôle hérité de la culture, la création d’un futur éveillé repose entièrement sur le fait qu’un petit nombre de femmes veuille être de véritables révolutionnaires.
Le combat pour créer le futur maintenant est un effort constant et une pratique sans relâche d’engagement total et inconditionnel avec la vie à l’extrême limite de ce qui est possible. C’est la vie que je mène et c’est à cette vie que j’invite et pousse continuellement les autres à participer. De nombreuses avancées merveilleuses, passionnantes et importantes ont lieu ici tous les jours et seront prochainement documentées sur ce site. Il y a tellement à partager ! Restez branchés…
Posté par Andrew Cohen
Le 17 août 2006 à 15 h 29