Nouvelles de la Révolution


Une déclaration d’intégrité

Par Andrew Cohen

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Lettre ouverte d’Andrew Cohen à ses amis et ses adversaires

Il y a environ 7 ans, j’ai donné une conférence dans une librairie à Seattle. À la fin, alors que je dédicaçais les livres, je fus surpris lorsqu’un jeune homme sans prétention vint me voir, et me serrant la main, me dit naturellement avec un large sourire : « Andrew, je suis heureux de vous rencontrer. On m’a toujours dit que vous étiez le diable. »

C’est étrangement déconcertant de constater que des personnes totalement inconnues ont une image de vous qui ne ressemble en rien a la réalité. C’est une situation bizarre dans laquelle je vis presque depuis le premier jour où j’ai commencé à enseigner l’éveil. En fait, depuis le début, les gens répondent d’une façon extrême à mon enseignement. J’ai toujours été un enseignant suscitant vénération et respect pour les uns, suspicion et haine pour les autres. Cependant, ces dernières années, cette polarisation s’est accentuée en partie à cause des efforts consciencieux d’un petit groupe d’anciens étudiants qui semblent avoir dédié leur vie à une mission : créer et répandre une image négative de moi au travers de quelques livres et forums internet.

Je sais que beaucoup de personnes se sont demandé pourquoi je n’y ai pas répondu plus tôt. Pour être honnête, je ne savais tout simplement pas par où commencer. Tout ce dont j’étais accusé était dénaturé de façon si absurde, mis tellement hors contexte, si clairement destiné à me calomnier, mon travail et moi et jeter le doute sur mon intégrité, que j’en étais réduit à un stéréotype culturel caricatural à deux dimensions : le « gourou charismatique et corrompu ». Les motivations de mes détracteurs étaient tellement évidentes que j’ai pensé qu’elles le seraient pour tous, et j’en ai naïvement conclu que je n’avais pas besoin de répondre. En plus, j’ai pensé que ce n’était pas digne de le faire. J’avais tort. J’ai fini par comprendre, avec retard,  que mon manque de réponse pouvait être perçu par certains comme un aveu de culpabilité ou de malfaisance, ou encore pire, comme un manque d’intégrité. De vrais amis m’avaient conseillé : « Laisse ton travail parler pour lui-même. » J’espérais que tous ceux qui étaient capables de voir reconnaîtraient aisément la créativité en pleine évolution, la rationalité, l’ouverture d’esprit de mon enseignement et de mon magazine ainsi que la confiance, la joie de vivre, l’ouverture de cœur que mes étudiants manifestent depuis si longtemps, et que tout cela ne collait pas avec le tableau bizarre que mes détracteurs essayaient de peindre. Mais il est temps pour moi de parler plus directement et de remettre les choses au clair.

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Les gens m’ont toujours répondu de façon extrême, depuis le début de ma carrière il y a plus de 20 ans. J’étais perçu par certains comme étant un personnage dangereux, possédant un charisme inhabituel et une énergie spirituelle capable de séduire les esprits faibles, les chercheurs candides, en leur faisant perdre tout sens commun, objectivité, autonomie et respect d’eux-mêmes, les transformant ainsi en sous-fifres impuissants - à l’âme ravagée et sous mon contrôle. On m’a traité de narcissique pathologique qui ne s’est jamais remis de ses traumatismes d’enfance et de sa relation malsaine avec sa mère et qui, par conséquent,  utilisait son pouvoir de gourou éveillé pour dominer et contrôler les autres afin de compenser son manque d’estime de soi.

De l’autre côté, il y avait ceux (dont certains sont ironiquement mes pires détracteurs aujourd’hui) qui m’élevaient au rang de héros spirituel, de Bouddha du 21 ème siècle, de révolutionnaire authentique et d’activiste spirituel, dont la volonté de ne pas compromettre son enseignement, y compris dans ses relations les plus intimes et les plus importantes, était l’expression d’un degré inhabituel de courage et de rare engagement envers le plus élevé.

Je suppose que ça fait partie du métier : il faut être soit fou soit très courageux pour être gourou dans ce contexte postmoderne - deux qualités auxquelles il m’est difficile de m’identifier. J’ai toujours voulu, plus que tout,  être un être humain authentique et pour moi,  c’est un homme qui me reconduisait à l’aéroport, après un enseignement en Caroline du Nord qui m’a fait le plus beau compliment que l’on m’a jamais dit : « Andrew, vous êtes un Mensch (Homme, en Yiddish). Même si vous n’étiez pas éveillé, je voudrais être votre ami. »

En fait, c’est mon engagement inébranlable à l’authenticité transparence et l’intégrité , la qui a, à la fois, attiré tant de gens vers moi et effrayé tant d’autres. J’ai toujours été dérouté d’être accusé de manque d’intégrité alors qu’en fait c’est l’intégrité qui fait de moi un enseignant si provocant.

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Je sais depuis longtemps que la plupart des gens voient l’éveil comme l’accomplissement de niveaux supérieurs de conscience et la capacité à les transmettre aux autres. Beaucoup supposent, par erreur, que l’accomplissement de ces états très élevés est l’assurance qu’un individu éveillé est moralement évolué et a atteint un très haut degré d’intégrité personnelle, même si d’innombrables témoignages de corruption et d’abus de pouvoir perpétrés sur ces 30 dernières années par des individus apparemment éveillés démontrent très clairement que ce n’est pas nécessairement le cas. Ceux qui ont suivi mes aventures, dans le monde spirituel, savent bien que j’ai consacré une bonne partie de mes 10 premières années d’enseignement à traiter et scruter continuellement cette question dans mes conférences, dans les pages du magazine créé pour cette raison, ou encore dans les discussions avec mes étudiants et mes amis les plus intimes.

Mon propre gourou et maître spirituel Sri H.W.L Poonja me rendit la complexité humaine de la conquête spirituelle complètement claire. Comme peu d’autres, il pouvait transmettre directement la liberté sans limites, la béatitude non duelle et la lumière du fondement de l’être d’un simple regard. Et en même temps, il pouvait vous regarder droit dans les yeux et vous dire un mensonge à peine voilé sans sourciller. Notre séparation fut la première d’une série de ruptures extrêmement douloureuses et émotionnellement cassantes causées par ma volonté de ne pas compromettre ma propre intégrité. Je pense, finalement, que c’est ce refus du compromis qui a créé, au fil du temps, cette image d’aberration étrange  crée par quelques anciens étudiants, y compris ma propre mère : celle d’un tyran bidimensionnel qui, d’une part, attire inexplicablement à lui les gens comme un aimant et, d’autre part, les tourmente sadiquement sans raison. Je pense que s’ils ont réussi jusqu’à un certain point à ternir ma réputation, c’est parce qu’ils ont délibérément utilisé un cliché qui est un appât émotionnel facile dans un climat culturel hypersensible à toute notion de hiérarchie et, on peut le comprendre, suspicieux à l’égard de l’autorité spirituelle.

J’ai toujours déclaré clairement que j’étais un gourou, dans le vrai sens du terme, à une époque où ironiquement, ce titre peut être utilisé de façon respectable dans presque tous les domaines, sauf celui de la spiritualité. Pour moi, tout maître spirituel digne de ce nom, tout vrai gourou, est quelqu’un qui s’efforce sincèrement à tirer les gens non seulement vers un niveau de conscience plus élevé mais aussi vers des étapes de développement supérieurs pour, littéralement, relever leur centre de gravité dans la spirale de l’évolution humaine. Mais dans notre culture postmoderne, toute notion que quelque chose puisse être « plus élevée » que l’individu ou que le « soi sensible » est traitée avec suspicion ou mépris. En fait, spécialement dans les cercles spirituels, le pluralisme est vénéré et vu comme l’expression même du développement spirituel. « Tout est un et aux yeux de Dieu, nous sommes tous égaux et parfaits tels que nous sommes. » Tout défi à la perfection inhérente de la perception de soi narcissique est vu comme l’ultime menace à la plus grande illusion ici-bas. Et c’est le cas ! Et donc moi aussi....

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