Quelle est votre vision ?

Interview multimedia d'Andrew Cohen

Question : Quelle vision inspire votre travail ? Qu’essayez-vous d'accomplir ?

Andrew : Changer le monde. C’est une affirmation extrêmement audacieuse, mais c’est ainsi. Mon travail n’est dédié à rien de moins qu'une révolution totale de la conscience humaine, une révolution qui doit se produire pour le salut de tous. Si aucun changement fondamental ne se produit, et ne se produit rapidement, nous allons vers le désastre. Nous sommes trop nombreux sur la planète et nous avons dangereusement abusé de ses ressources. Les êtres humains ont désormais un pouvoir sur la vie, de création et de destruction, qui était naguère considéré comme l’apanage des dieux. Pourtant, notre niveau de développement moral, éthique et spirituel est en décalage bien loin derrière. J’encourage donc les gens à regarder leur existence dans ce contexte, parce qu’alors la question du développement spirituel et de l’évolution devient particulièrement pertinente – en fait, elle s’avère urgente. Quand nous commençons à envisager l’immense portée de ce contexte, alors nous reconnaissons que notre extraordinaire potentiel de transformation personnelle et notre besoin de l'actualiser ne sont en rien séparables de notre condition en tant qu'espèce. En fin de compte, la crise mondiale est une crise spirituelle. C'est une crise de conscience.

Q : Pourquoi dites-vous que la crise mondiale est de nature spirituelle ?

AC : Parce qu’il est évident qu’il n’y a aucun individu ou groupe qui choisisse consciemment de polluer le monde ou de le surpeupler. C’est pourtant bien nous qui avons créé cette crise, en tant qu’individus et aussi en tant que cultures, par notre manque de conscience, notre vision égocentrique et notre étroitesse d’esprit. Et la question n’est pas tant que nous n’ayons pas les moyens pratiques de régler ces problèmes, mais plutôt que nous les envisageons avec l’état d’esprit qui les a causés. Donc nous avons désespérément besoin qu’une minorité suffisante opère un saut dans la conscience, un saut moral, un saut spirituel. Nous devons évoluer depuis notre niveau de conscience actuel, égocentrique et mesquin, vers un niveau beaucoup plus élevé et un point de vue beaucoup plus vaste.

Q : Si cela dépend des individus, comment ce genre de changement peut-il se produire à grande échelle ?

AC : Ceux qui sont à l’avant-garde vont devoir faire ce pas et tracer la voie du futur. C’est-à-dire nous, vous et moi, ici même et maintenant. Le simple fait de penser à ces questions, voyez-vous, signifie que vous faites partie d’une minorité privilégiée. La plupart des gens sur cette planète n’ont pas la liberté de même commencer à considérer ces questions philosophiques et spirituelles car ils doivent consacrer tout leur temps et toute leur énergie à seulement survivre. La petite minorité d’entre nous qui a le temps et la possibilité de se livrer à cette introspection a énormément de chance et pourrait suffire pour déclencher un vrai changement. Mais le plus fou dans cette histoire, c’est que nous ne le faisons pas ! Pourquoi ? Parce que nous sommes bien trop préoccupés par nous-mêmes. L’ironie tragique du grand gâchis post-moderne, c’est que les gens comptant parmi les plus évolués et les plus privilégiés de la planète se perdent dans un rapport affectif et psychologique à l’existence très primaire : ils sont enlisés dans un bourbier de narcissisme et de préoccupation de soi.

C’est le défi que nous lance l’évolution. Il nous faut trouver le courage de replacer notre aspiration spirituelle personnelle dans le contexte le plus grand possible. C’est ce qui peut nous obliger à nous extirper du narcissisme et de la préoccupation de soi. Nous devons trouver le courage de nous réunir pour affronter ensemble les défis qui nous attendent. Et pour cela, nous avons besoin d’une nouvelle spiritualité. Nous avons besoin d’un nouvel éveil.

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